Pour que le succès de la médiation animale perdure, il est nécessaire de préciser ce qu’elle peut apporter et ne pas apporter.

Médiation animale : non, les animaux ne guérissent pas

 

En pleine expansion et pourtant toujours en quête de légitimité dans notre pays, la médiation animale pourrait paradoxalement souffrir de l’engouement des médias pour cette discipline.

Remettre les choses à leur place

La médiation animale, qui consiste pour un professionnel formé à intervenir avec son ou ses animaux auprès des publics en difficulté (réinsertion, cancérologie, TDAH, autisme, trisomie…), tend à se démocratiser dans l’Hexagone.

Marginale il y a encore quelques années, cette pratique tient aujourd’hui son succès en tant que thérapie non médicamenteuse par les nombreux bienfaits qu’elle apporte à ses bénéficiaires. Le postulat de base étant le suivant : l’animal est un être neutre, qui ne juge pas et s’ancre dans l’instant présent. Sa présence, à travers différentes activités, permet d’apaiser les personnes en souffrance, entre autres nombreux bénéfices.

Cette formidable et considérable aide aux personnes connaît un vrai engouement alors qu’il y a encore 10 ans, les précurseurs passaient pour des fous… Cette démocratisation tient notamment aux nombreux reportages dans la presse sur le sujet. Et c’est génial ! Mais comme tous les sujets qui bénéficient d’une forte popularité, une forme de “mode” s’installe et les journalistes en font… Un peu trop ! 

Pour que le succès de la médiation animale perdure, il est nécessaire de préciser ce qu’elle peut apporter et ne pas apporter. Or dans la presse, les termes galvaudés ne sont pas rares ! Pas plus tard qu’en juillet dernier, un épisode de l’Emission enquête de santé (France 5) était intitulé “Ces animaux qui nous soignent”. 

Non, les animaux ne guérissent pas

Les journalistes ne rendent pas service aux intervenants en médiation animale en quête de légitimité avec ce type de message, car ils induisent l’idée de soigner et donc prêtent des intensions que nous n’avons pas et déroulent le tapis rouge aux détracteurs, à l’heure où la discipline est encore en quête de légitimité.

Il est important de préciser que la médiation animale n’est pas une médecine : elle ne guérit pas. De la même manière, l’animal n’est pas un thérapeute. Tout comme la kinésithérapie soigne à l’aide des mouvements, la chimiothérapie grâce aux substances chimiques, la luminothérapie à travers la lumière, etc., l’animal est un médiateur. Il joue un rôle de tiers en assurant une interface entre le patient et l’intervenant.

Mettons les choses au clair : la médiation animale ne vise pas la guérison directe d’une maladie, d’un handicap ou d’une autre problématique (nb : j’en profite pour rappeler que l’autisme n’est pas une maladie et donc ne se guérit pas) , mais plutôt l’amélioration du bien-être du bénéficiaire afin qu’il puisse y trouver des bienfaits. Elle est utilisée en complément des thérapies traditionnelles, comme la médication et les autres traitements. La médiation animale peut par exemple :

  • Améliorer la qualité de vie
  • Réduire le stress et l’anxiété liées à une situation difficile
  • Remonter le moral
  • Aider un patient à s’ouvrir vers les autres

Dans cette mise au clair, le choix des mots est crucial : c’est pour cela que contrairement aux Québécois, les Français tiennent à exclure le terme de “zoothérapie” de leur champ lexical au profit de “médiation animale”. Pourquoi ? Simplement car nous ne sommes pas thérapeutes et si l’on parle de “visée thérapeutique”, nous ne remplaçons en aucun cas un psychologue, psychomotricien, ergothérapeute… La mise en commun des connaissances des équipes pluridisciplinaire permet d’établir un programme personnalisé pour les personnes porteuses de handicap, et c’est là un point fort pour optimiser les bienfaits de l’intervention en médiation animale.

Et si chacun restait à sa place, pour veiller à ce que la médiation animale soit considérée comme telle, et ce pour que les intervenants en médiation animale conservent une place digne de ce nom dans la société, mais aussi pour le bien des bénéficiaires ? Mesdames et messieurs les journalistes… À bon entendeur! 

 

<iframe src="https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FaspierationsTM%2Fposts%2F10159675742306942&show_text=true&width=500" width="500y; clipboard-write; encrypted-media; picture-in-picture; web-share"></iframe
https://www.facebook.com/aspierationsTM/posts/10159675742306942

Partagez

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nos articles récents

Le chien de soutien émotionnel permet aux personnes autistes ou souffrant de troubles psychiques à s'apaiser, se reconnecter à soi, gagner en confiance et retrouver une vie sociale épanouissante

Comment un chien de “soutien émotionnel” peut aider une personne autiste?

Adopter le régime sans gluten et sans caséine (SGSC) est une pratique que beaucoup de parents d’enfants souffrant d’un trouble du spectre autistique (TSA) effectuent afin de réduire les symptômes. De plus en plus de chercheurs cherchent à prouver si ce type d’alimentation est effectivement bénéfique sur ces enfants. Malheureusement, les données disponibles jusqu’à présent ne permettent pas de l’affirmer clairement.

Lire l'article
Le régime sans gluten et sans caséine est-il efficace pour réduire les symptômes chez les enfants porteurs d'autisme?

Que penser des régimes alimentaires pour les TSA?

Adopter le régime sans gluten et sans caséine (SGSC) est une pratique que beaucoup de parents d’enfants souffrant d’un trouble du spectre autistique (TSA) effectuent afin de réduire les symptômes. De plus en plus de chercheurs cherchent à prouver si ce type d’alimentation est effectivement bénéfique sur ces enfants. Malheureusement, les données disponibles jusqu’à présent ne permettent pas de l’affirmer clairement.

Lire l'article
Retour haut de page