Paro est un phoque robot de support émotionnel. Grâce à ses capteurs il interagit avec les humains. Ce type de robot peut-il remplacer la médiation animale?

Les “robots de support émotionnel” vont-ils remplacer la médiation animale ?

Les robots sociaux, intelligences artificielles aux capacités d’interaction sociale (paroles, expression faciale, gestuelle), font leur apparition dans les établissements de santé. Appréciés pour leurs pouvoirs apaisants sur les personnes très angoissées et agitées, ont-ils une chance de concurrencer nos bêtes bien vivantes employées en médiation animale ?

Des retours positifs de la part des soignants

Paro (contraction de personal robot), un robot social animaloïde a été développé en 1993 par l’équipe japonaise du Dr Takanori Shibata, pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Cette peluche mesure une soixantaine de centimètres et pèse 2,5 kg. Sa fourrure épaisse cache des moteurs qui actionnent ses mouvements, des capteurs mesurent la lumière environnante et les gestes, des micros détectent la tonalité de la voix et sa provenance. Toutes ces informations sont ensuite analysées par un logiciel d’intelligence artificielle qui permet à Paro de réagir de façon adaptée et de répondre à son nom.

Ce robot phoque est quotidiennement utilisé dans 11 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de la Mutualité française Loire Haute-Loire SSAM. La mutualité française a commandé une étude scientifique sur son utilisation in situ durant 18 mois (PDF disponible ici). Il en ressort “qu’en présence de Paro, il y a une recrudescence de la communication et la sociabilisation”, selon Blandine, sociologue, interrogée au micro de Serge Tisseron dans l’émission Matière à Penser.

Paro aurait un pouvoir apaisant sur les personnes très angoissées et agitées. Les soignants l’utilisent “à la carte” au moment du coucher ou de la toilette, lors des prises de sang… Le robot joue le rôle de distraction en favorisant la détente physique et psychologique lors des soins dits “sensibles”.

Le témoignage des soignants de l’hôpital Broca dans la revue Rhizome (#72, juillet 2019) va en ce sens : selon eux,  la présence du robot a des répercussions positives sur la relation soignant-soigné, observant que Paro pouvait aider à diminuer l’agressivité, améliorer l’état psychoaffectif et limiter l’opposition des patients.

Le robot va-t-il remplacer la médiation animale ?

L’Ehpad des Térébinthes à Parigné-l’Évêque (Sarthe) fait appel à un chat robot pour ses résidents. L’expérience est positive et rencontre un succès auprès des personnes âgées. La direction envisage de se doter deux plusieurs autres chats. Pour René Sanchez, le directeur de l’établissement, un des avantages est l’absence de danger pour les résidents aussi bien que pour les véritables animaux qu’il a pu faire venir lors de séances de médiation. “Des résidents présentant des troubles cognitifs ont voulu s’approprier le chat de la maison, et le garder dans leur lit pour la nuit en le serrant très fort dans leurs bras. Mais l’animal s’est défendu en sortant ses griffes. Quelques résidants ont ainsi été griffés assez sérieusement”.

Selon deux chercheurs interrogés* par Aurélie Vinceneux lors des Automnales Licorne et Phénix en 2013, la médiation technologique peut être effectuée dans des lieux qui n’autorisent pas la présence d’animaux pour des raisons d’hygiènes ou avec des personnes allergiques aux animaux. Selon eux, cela pourrait permettre aux institutions d’élargir l’accès à la médiation.

Toutefois, pour la plupart des institutions, il n’est pas question de remplacer la médiation animale mais plutôt de  s’inspirer de la médiation animale pour créer un dispositif numérique qui pourrait être utilisé seul chez soi entre deux séances de médiation animale. Les Ehpad ayant accueilli Paro le phoque robot font par ailleurs appel à des intervenants en médiation animale. Il s’agirait donc de quelque chose de complémentaire. D’autant que le robot présente des inconvénients tels que son coût (Paro coûte 7000 euros), son entretien, le temps de formation supplémentaire pour les soignants et un risque d’infantilisation des personnes âgées.

Didier Vernay, neurologue, responsable du diplôme universitaire Rama “Relation d’aide par la médiation animale” à Clermont-Ferrand, résume les enjeux de l’utilisation d’un robot sociaux auprès des personnes fragiles : “Les nouvelles générations de robots permettent d’initier des illusions de complicité intéressantes. Encore faut-il que l’émotion que l’être humain prête au robot intervienne au bon tempo !” Et d’ajouter : “À mon sens, la robotique ne doit pas être un prétexte pour enlever du vivant à l’intérieur des hôpitaux, des maisons de retraite, des prisons… Mais des raisons pratiques peuvent sans doute justifier qu’on y ait recours, comme outil complémentaire”.

Les robots sociaux, intelligences artificielles aux capacités d’interaction sociale (paroles, expression faciale, gestuelle), font leur apparition dans les établissements de santé. Appréciés pour leurs pouvoirs apaisants sur les personnes très angoissées et agitées, ont-ils une chance de concurrencer nos bêtes bien vivantes employées en médiation animale ?

Des retours positifs de la part des soignants

Paro (contraction de personal robot), un robot social animaloïde a été développé en 1993 par l’équipe japonaise du Dr Takanori Shibata, pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Cette peluche mesure une soixantaine de centimètres et pèse 2,5 kg. Sa fourrure épaisse cache des moteurs qui actionnent ses mouvements, des capteurs mesurent la lumière environnante et les gestes, des micros détectent la tonalité de la voix et sa provenance. Toutes ces informations sont ensuite analysées par un logiciel d’intelligence artificielle qui permet à Paro de réagir de façon adaptée et de répondre à son nom.

Ce robot phoque est quotidiennement utilisé dans 11 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de la Mutualité française Loire Haute-Loire SSAM. La mutualité française a commandé une étude scientifique sur son utilisation in situ durant 18 mois (PDF disponible ici). Il en ressort “qu’en présence de Paro, il y a une recrudescence de la communication et la sociabilisation”, selon Blandine, sociologue, interrogée au micro de Serge Tisseron dans l’émission Matière à Penser.Paro aurait un pouvoir apaisant sur les personnes très angoissées et agitées. Les soignants l’utilisent “à la carte” au moment du coucher ou de la toilette, lors des prises de sang… Le robot joue le rôle de distraction en favorisant la détente physique et psychologique lors des soins dits “sensibles”.

Le témoignage des soignants de l’hôpital Broca dans la revue Rhizome (#72, juillet 2019) va en ce sens : selon eux,  la présence du robot a des répercussions positives sur la relation soignant-soigné, observant que Paro pouvait aider à diminuer l’agressivité, améliorer l’état psychoaffectif et limiter l’opposition des patients.

Le robot va-t-il remplacer la médiation animale ?

L’Ehpad des Térébinthes à Parigné-l’Évêque (Sarthe) fait appel à un chat robot pour ses résidents. L’expérience est positive et rencontre un succès auprès des personnes âgées. La direction envisage de se doter deux plusieurs autres chats. Pour René Sanchez, le directeur de l’établissement, un des avantages est l’absence de danger pour les résidents aussi bien que pour les véritables animaux qu’il a pu faire venir lors de séances de médiation. “Des résidents présentant des troubles cognitifs ont voulu s’approprier le chat de la maison, et le garder dans leur lit pour la nuit en le serrant très fort dans leurs bras. Mais l’animal s’est défendu en sortant ses griffes. Quelques résidants ont ainsi été griffés assez sérieusement”.Selon deux chercheurs interrogés* par Aurélie Vinceneux lors des Automnales Licorne et Phénix en 2013, la médiation technologique peut être effectuée dans des lieux qui n’autorisent pas la présence d’animaux pour des raisons d’hygiènes ou avec des personnes allergiques aux animaux. Selon eux, cela pourrait permettre aux institutions d’élargir l’accès à la médiation.

Toutefois, pour la plupart des institutions, il n’est pas question de remplacer la médiation animale mais plutôt de  s’inspirer de la médiation animale pour créer un dispositif numérique qui pourrait être utilisé seul chez soi entre deux séances de médiation animale. Les Ehpad ayant accueilli Paro le phoque robot font par ailleurs appel à des intervenants en médiation animale. Il s’agirait donc de quelque chose de complémentaire. D’autant que le robot présente des inconvénients tels que son coût (Paro coûte 7000 euros), son entretien, le temps de formation supplémentaire pour les soignants et un risque d’infantilisation des personnes âgées.

Didier Vernay, neurologue, responsable du diplôme universitaire Rama “Relation d’aide par la médiation animale” à Clermont-Ferrand, résume les enjeux de l’utilisation d’un robot sociaux auprès des personnes fragiles : “Les nouvelles générations de robots permettent d’initier des illusions de complicité intéressantes. Encore faut-il que l’émotion que l’être humain prête au robot intervienne au bon tempo !” Et d’ajouter : “À mon sens, la robotique ne doit pas être un prétexte pour enlever du vivant à l’intérieur des hôpitaux, des maisons de retraite, des prisons… Mais des raisons pratiques peuvent sans doute justifier qu’on y ait recours, comme outil complémentaire”.

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